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25% de la ligne TGV Figueres-Perpignan sert au Barcelone-Paris

19.05.12 / INFRASTRUCTURES et TRANSPORTS
À l'aube de 2012, la SNCF tarde à fournir des chiffres officiels de fréquentation du tronçon de Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Perpignan et Figueres-Vilafant, inaugurée le 19 décembre 2010. L'opérateur public français préfère la discrétion « en raison de la future arrivée de la concurrence», d'après sa direction régionale montpelliéraine, interrogée le 20 décembre 2011 par le quotidien L'Indépendant de Perpignan. À l'inverse, depuis février 2011, plusieurs séries statistiques sont régulièrement fournies par son homologue espagnole, la RENFE. Celle-ci indiquait le 17 décembre 2011 que 265.000 personnes avaient utilisé ce maillon international, dans le sens Figueres-Perpignan, au cours de la première année d'exploitation. Parmi ce public, 60.720 voyageurs ont emprunté le TGV au départ de Figueres, le reste remontant du Sud, plus spécifiquement de Barcelone et Girona, par la ligne conventionnelle, promise à la grande vitesse pour fin 2012. Au strict départ de Figueres, la principale destination visée était Paris, à hauteur de 28.527 billets vendus, suivie de 20.000 billets pour Montpellier et 8.862 pour Perpignan, cette dernière ville étant séparée de seulement 44,4 km de la gare LGV de Figueres. Le TGV, d'ailleurs inapproprié aux liaisons de proximité de type Perpignan-Figueres, ne saurait y remplacer les moyens traditionnels, de type véhicules privés ou publics, voire trains conventionnels dont les horaires seraient optimisés.

25 % des usagers du tronçon international Figueres-Perpignan remontent de Barcelone, vers Paris

Le statut réel des TGV européens, qui relient des pôles urbains à masse critique suffisante, est d'ailleurs déjà démontré par l'intérêt manifesté, sur cette même période faisant office de bilan 2011, par un volume de 66.598 voyageurs ayant choisi la liaison Barcelone-Paris, directe mais précaire, car lente de Barcelone à Figueres et de Perpignan jusqu'en Languedoc. Choisi par 25 % des utilisateurs du tronçon Figueres-Perpignan, ce trajet d'une durée de 5h25 est ainsi le produit leader sur le Figueres-Perpignan. En deuxième position, la liaison Barcelone-Montpellier a attiré 54.471 usagers, tandis que la formule Barcelone-Perpignan a concerné 20.629 voyageurs, soit 7,7 %, pour 16.135 passagers descendus à Narbonne.

Chacun souhaite l'arrêt d'un maximum de TGV chez lui

En Catalogne du Nord, Languedoc et France, l'appel d'air se confirme, le flux de voyageurs par train venus du territoire espagnol, principalement de Catalogne du Sud, vers le territoire français, exclusivement par le Roussillon, ayant progressé de 42 % depuis décembre 2010, vitesse traditionnelle et grande vitesse confondues. Toutefois, indépendamment de cette prévisible augmentation des flux, préalable à la réception intégrale de la Grande Vitesse de longue distance sur l'axe Perpignan-Figueres-Girona fin 2012, Opencat précisait en décembre 2010 "Il est exclu que toutes les rames TGV s'arrêtent et à Perpignan, et à Figueres, et à Girona. En effet, trois arrêts systématiques sur 90 km sont impensables pour un train roulant à plus de 300 km/h, voué à relier des métropoles européennes majeures". L'exaltation de l'ensemble des territoires face au bouleversement né du TGV, chacun souhaitant l'arrêt d'un maximum de rames chez lui, se heurte ainsi à la volonté des centres de décision, dans les capitales d'État, tout autant qu'aux logiques commerciales, directement liées à l'attractivité concrète des pôles urbains. Un schéma de dessertes ferroviaires égalitaires, dans l'esprit d'une continuité territoriale et de service public à la française, est logiquement proscrit de la Grande Vitesse. À Perpignan et à Figueres spécifiquement, cette logique échappe aux cadres nationaux pour épouser un maillage international, dans une compétition inédite, issue du désenclavement.

   
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