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La reprise d’entreprises, un défi de Perpignan à Girona

19.05.12 / NOUVELLES STRATÉGIES DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
Dans un contexte de crise tenace, différents acteurs économiques de l’axe Perpignan-Figueres-Girona enclenchent des politiques de reprise d’entreprises. Confrontés à des situations comparables, illustrées par la présence d’activités pérennisées et rentables, parfois depuis plusieurs décennies, mais menacées par le manque de relais, les territoires se mobilisent. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Perpignan et des Pyrénées-Orientales (CCI) a soulevé, le 9 novembre 2001, la problématique des entreprises menacées par l’absence de succession pour cause de départ à la retraite. Selon les données dévoilées, 1122 chefs d’entreprise, pour la plupart à la tête de petites et moyennes structures, sont âgés de plus de 60 ans en Catalogne du Nord. Le seuil psychologique de l’âge annoncé est voué à disparaître à la faveur de l’harmonisation européenne, mais il constitue encore une norme implicite en territoire français. Face au déficit de candidats à la reprise d’activités solides, essentiellement des Très Petites Entreprises (TPE), la CCI encourage les retraités à se signaler, afin d’accompagner et de sécuriser leurs démarches dans des délais efficaces, à l’échelle de plusieurs années. Un faisceau de professionnels, notaires, banquiers, comptables, agents immobiliers et avocats, est mis à contribution. En 2011, l’âge moyen des 18.942 chefs d’entreprise du département des Pyrénées-Orientales répertoriés par la CCI est de 47 ans, et le nombre de créations d’entreprises dépasse celui des reprises. Il s’agit ainsi de favoriser une culture de la transmission, dans l’esprit d’échange générationnel intrinsèque aux entreprises familiales, face à une tendance à la pure création d’entreprises, facilitée par le statut d'auto-entrepreneur. Ce modèle a comporté une explosion des chiffres en 2009, avec 6115 créations, dont 60% de micro-activités. Face à l’éparpillement, le confortement de l’existant est placé dans la balance, avec pour avantage l’héritage d’un réseau de clients et d’une notoriété.

Girona sollicite les fonds européens FEDER

Dans un paysage plus dense, mais davantage affecté par la crise et moins soumis à la prégnance du seuil des 60 ans, la province de Girona est confrontée à la perte de 2400 entreprises par an jusqu’en 2020, principalement par manque de relais. Pour faire face, une alliance publique-privée a lancé le projet « Reempresa » (Ré-Entreprise), le 11 octobre 2011. Le patronat Cecot, la Fondation Privée pour la Promotion de l’Autoemploi de Catalogne et le Gouvernement de Catalogne, souhaitent ainsi offrir une deuxième vie aux entreprises viables, en assurant une mise en relations entre l’offre et la demande. Les entreprises fermement candidates sont au nombre de 350 dans le cadre de ce dispositif financé à 50% par le fonds européen FEDER, et fondé sur la notion de patrimoine, financier et humain. Un site Internet entièrement dédié, www.reempresa.org, présente une base de données, et les offres correspondantes, l’ensemble constituant un marché de la reprise d’entreprises. Les résultats et les perspectives de chaque activité à reprendre sont analysés dans ce marché de l’occasion, créé à l’échelle de l’ensemble de la Catalogne du Sud, où le nombre d’entreprise atteignait les 107.980 en janvier 2011, dont 99% de PME-PMI et 94% de micro-entreprises. Selon le programme Reempresa, 15% des 98.320 activités stoppées depuis 2010 sur ce territoire l’ont été pour des raisons de manque de transmission, en dépit d’une viabilité incontestable. L’espoir formulé par Reempresa, qui espère 25% de succès dans les démarches de relais, est d’accompagner 120.000 entreprises, soit 258.000 emplois, au cours de la décennie.

« Pour que tous les enfants créent leur entreprise »

Aux antipodes de la retraite, la mise en parallèle des panoramas de Perpignan et Figueres-Girona comporte une grande limite culturelle. Le 8 novembre 2011, la Generalitat de Catalunya (Gouvernement catalan) s’est en effet positionnée, de manière absolument inédite, pour l’introduction de l’esprit d’entreprise dès le plus jeune âge, dans le cadre scolaire. Du primaire jusqu’au baccalauréat et à la Formation Professionnelle (FP, équivalent des CAP français), la ministre-conseillère de l’Enseignement, Irene Rigau, a affirmé une volonté de « réimplanter et renforcer » la « culture sociale », à travers la « capacité d’entreprendre ». Dans ce cadre nouveau, une nouvelle matière sera introduite en classe de Seconde dès 2012 dans le système éducatif sud-catalan, pour « professionnaliser les élèves et avertir du risque d’abandonner les études ». En Terminale seront transmises les valeurs de l’entreprise « pour que tous les élèves soient capables de créer leur propre entreprise ».

   
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