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Perspectives et enjeux des législatives du 20 novembre 2011 en Espagne

19.05.12 / POLITIQUE et INSTITUTIONS
Les élections législatives du 20 novembre 2011 dans l'ensemble de l'Espagne, dans un rude contexte économique et social, devraient favoriser un changement radical de gouvernement à Madrid. Prise dans la tourmente de la crise de l'euro et de L'Europe, avec 21,5 % de chômage et une croissance nulle au 3ème trimestre 2011, l'Espagne voit ses électeurs choisir l'alternance, du PSOE (Parti socialiste espagnol) en place depuis 7 ans, vers le droitier Partido Popular (PP), autour de son leader Mariano Rajoy, auquel les sondages promettent une majorité absolue, très confortable au Parlement, comme lors des élections de 2000. La clé de ces élections est la capacité à faire front à la crise, les électeurs espagnols choisissant la droite libérale, qui avait, lors des deux gouvernements Aznar de 1996 à 2004, accompagné le redressement de l'économie espagnole après la crise des années 1990, portant le taux de chômage, de 23,9 % en 1994, à 11,7 % en 2003. Avec un programme d'austérité et de maîtrise budgétaire, couplé à une augmentation de la flexibilité et de la compétitivité, l'Espagne dans son ensemble devrait choisir pour les années à venir la recette libérale afin de tenter de dépasser la crise, et le retour d'un État fort, face à la dispersion suscitée par les tentations fédéralistes.

La Catalogne ne sera plus décisive pour l'Espagne, mais un choc Madrid-Barcelone se profile

Traditionnellement décisive en Espagne, depuis la transition démocratique consécutive à la fin du régime franquiste, en 1975, la Catalogne, très autonome au niveau institutionnel et politique, ne devrait pas être clé de la législature à venir, comme elle l'a toujours été lors de la quasi-intégralité des élections législatives en Espagne depuis 1982. Ce changement est pressenti par étude rendue publique le 3 novembre 2011 par le Centre d'Études Sociologiques espagnol (CIS). La Catalogne, fortement présente à Madrid grâce aux députés du Parti Socialiste de Catalogne (PSC) et du centre-droit catalan de Convergence et Union (CiU), a pu à travers cela négocier son autonomie. A l'heure actuelle, largement dirigée par CiU, au pouvoir au gouvernement catalan mais aussi largement majoritaire dans les échelons intermédiaires, elle serait représentée aux Cortes espagnoles par 16 députés du PSC, rejetés dans l'opposition avec leurs homologues du PSOE, et 13 députés de CiU, troisième groupe parlementaire, mais dépourvu de marge de manoeuvre). La probable augmentation à 12 députés élus du Partido Popular sur le territoire sud-catalan augure déjà d'un choc politique majeur entre Madrid et Barcelone, alors que l'indépendantisme catalan semble désormais conquérir des segments de plus en plus importants au sein de la société sud-catalane. D'après une étude publiée le 26 octobre 2011 par le Centre d'Études et d'Opinions du gouvernement catalan, le vote pour la création d'un État catalan, à 45,4% d'opinions favorables et 24,7% d'opposants, pour un taux d'abstention porté à 23,8%, atteindrait la majorité dans la population sud-catalane, soit 59,6%. En filigrane, le sentiment d'une meilleure gestion de la crise « seuls », c'est-à-dire sans l'État espagnol, semble être largement assimilé par l'opinion publique. Le rapport de forces catalano-espagnol, prochainement situé en dehors du Parlement espagnol, pourrait aboutir sur une autonomie fiscale, dénommée « pacte fiscal », réclamée par CiU, face à une nette menace de sécession de la Catalogne.

   
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