Perpignan et Figueres-Girona, des fractures sociales disparates
19.05.12 / NOUVELLES POLITIQUES SOCIALES

En octobre 2011, les Pyrénées-Orientales (P.O.) abritaient 28,5% des demandeurs d’emploi du territoire global constitué après addition de la province de Girona, cette dernière comprenant 61,6% de la population globale, évaluée à 1,21 million d’habitants. Cependant, les méthodes de calcul différentes et les dispositifs d’amortissement social opposés entre zones discréditent toute analyse comparative reposant exclusivement sur la courbe du chômage. Ainsi, les données statistiques relatives au manque d’activité en Catalogne du Nord manifestent en 2011 une progression ralentie. S’il n’est pas encore question de réduction du nombre de demandeurs, le volume observé en septembre concernait 34.911 personnes, soit 13% de la population active, dans une hausse limitée à 192 demandeurs d'emploi supplémentaires depuis le mois d’août (données Pôle Emploi). Cette augmentation, qui représente 0,7%, mais 12,2% depuis septembre 2011, débouche sur le nombre de 23.500 chômeurs récents, c'est-à-dire déclarés depuis moins d’un an, et 11.411 de longue durée. Par ailleurs, 6133 personnes en quête d’emploi selon le statut dédié en France disposaient d’un « droit payable au Revenu de Solidarité Active ». En pourcentages absolus, 7,47% de la population totale de la Catalogne du Nord, qui s’élève à 467.000 habitants en 2011, était officiellement considérée en situation de chômage au 30 septembre 2011.
A cette même date, 11,6% des habitants de la province de Girona, soit 87.400 personnes, ou encore 21,42% des actifs, étaient sans-emploi (données de l’Institut National de Statistique espagnol (INE). Ce taux, le plus élevé parmi les quatre provinces sud-catalanes, est cependant en repli de 0,9% depuis le mois d’avril. En chiffres bruts, la province affiche 24.000 entrants entre le troisième trimestre 2010 et le troisième trimestre 2011, mais une forte proportion de la population globale, qui atteint 752.000 personnes en 2011, disposait d’un emploi au second trimestre 2011, soit 320.700 personnes, c’est-à-dire 42,6% du total. Sur ce critère, l’INE signale un record, de 67,9% de personnes en âge de travailler disposant d’un emploi, extrêmement positif à l’échelle de l’Espagne. Par ailleurs, l’augmentation du volume d’inactifs tend à être expliquée par la croissance de la population active, de 11.000 personnes depuis 2009.
Les tentatives comparatives se heurtent également à la notion légale de chômage, différemment statuée, exprimée, et ressentie, à Perpignan et à Figueres-Girona. De la sorte, les 48.000 bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active des Pyrénées-Orientales (données INSEE, août 2011) représenteraient, en Catalogne du Sud, une population rare, de seulement 27.000 bénéficiaires de la « Renda Mínima d’Inserció », parmi 7,5 millions d’habitants. La mise en parallèle des deux territoires, sous couvert des critères définis par l’
International Labour Organization (ILO) n’est pas suffisante, en vertu de l’abîme social qui sépare les deux territoires, dont l’addition des inactifs atteint le nombre de 122.300. Les dynamiques économiques, relativement divergentes, doivent également être prises en compte dans la description d'un panorama réel.